Marie Jos Marlagé

Texte de Paul Fuks, Galerie Etienne de Causans, rue de Seine, Paris 06, 1987

Ni logos, ni pathos dans l'œuvre de Marie José MALARGÉ. Matière, espace et lumière en échanges sont ses visées. Son moyen est un trait infini et fécond, au flux ténu ou torrentiel, tantôt tors tantôt floche, au souffle souple ou serré, jamais répété toujours avivé, sans poids ni masse, horizon flexible, vertige d'hirondelle, volute hasardeuse, dont les courbes, coudes, contours, comme une signature insatisfaite, une écriture tressée à foison, une phrase en arborescence, saisissent la durée dans la pulsation fluide de leur trame répandue en vagues de couleurs, marées moussues échouées sur l'estran qui saturent l'étendue du papier y réservant la blancheur entrevue de sorte que du support même de l'œuvre filtre comme un lait la lumière, comme une abondance le jour, tandis que l'œil entraîné par cette mélodie silencieuse, par ce fil sans nœud qui glisse sans frein, par cette ligne sans point de fuite mais palpitante qui telle une sismique du cœur se révèle entière alors que sous ses sinuosités obstinées elle enfouit son secret, l'œil entraîné, oui, avoue son plaisir.