Marie Jos Marlagé

Texte de Diane de Margerie, Extrait de Le ressouvenir, Flammarion, 1992

[…] L'autre jour, devant un dessin à la plume de mon amie Marie José Malargé, j'ai compris pourquoi, profondément, je l'avais choisi. Il représente la plaine de la Beauce que j'aime parce qu'elle donne tout son espace au ciel. Deux nuages épais s'élèvent, tels que j'en ai souvent vus quand je sillonnais à toute allure la distance qui séparait Hauterive de Maillebois, et que les pluviers, immobiles face au soleil, effrayés, s'envolaient en montrant leur ventre blanc. Mais je sens bien qu'il y a autre chose qui me sollicite dans ce dessin – car une petite voix d'antan chuchote à mes oreilles : «  Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? – Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie. » Oui, j'en suis sûr à présent, ces deux nuages n'incarnaient pas seulement la brume matinale d'Hauterive, mais le galop précipité des chevaux…