Marie Jos Marlagé

Article de Poloyama Fukusamoto, Tokyo Herald 1991

Malargé ou l’union des contraires

Article de Poloyama Fukusamoto

paru dans le Tokyo-Herald, le 4-06-1991

traduction : K. Rambard

 

L’œuvre de Malargé inlassablement visite des thèmes familiers aux habitués de ses expositions – pots et divers récipients principalement, mais aussi fleurs, fruits, animaux, etc. Cette succession serait purement anecdotique – donc vaine – si son véritable enjeu n’était l’exploration obstinée d’un espace plastique par des moyens qui lui sont propres.

Cette construction se développe selon une succession de périodes : à une série d’œuvres au chromatisme contrasté, intense et saturé succède une série à la palette restreinte, presque monochrome ; à des compositions animées par des courbes en mouvement continuel se substituent d’autres tendues de droites rigides ; après un agencement autour d’un vide médian survient un groupement central. Progressivement, du sein même de la plénitude du réel est mis en évidence un vide, lui-même tremplin vers d’autres approches esthétiques.

Il s’ensuit un jeu d’alternances par lequel une vaste gamme de possibles est parcourue, des opposés sont mis en contact, des contraires sont mis en harmonie.

Un jour, quelqu’un crut pouvoir dire : « Malargé, c’est les pommes. » et depuis, elle n’a plus jamais peint de pommes (et je doute qu’un revolver sur sa tempe puisse un jour l’y contraindre…) Tant il est vrai que ce balancement entre les pôles de la dissemblance, que ce rythme à l’image de la vie dans son flux, que cette large respiration donne accès à une liberté de création, qui, elle-même, procure équilibre et sérénité.